Louange à Allah, Maître des Mondes. Bénédiction et salut soient sur notre Prophète, sur sa famille et sur tous ses compagnons.
Il est évident que le Livre et la Sunna ordonnent lobservance de la loi dAllah et de Son Messager et interdisent lintroduction dinnovations dans la religion. Allah le Très Haut a dit : «Dis: "Si vous aimez vraiment Allah, suivez- moi, Allah vous aimera alors et vous pardonnera vos péchés.» (Coran, 3 : 31) et : «Suivez ce qui vous a été descendu venant de votre Seigneur et ne suivez pas d' autres alliés que Lui. Mais vous vous souvenez peu. » (Coran, 7 : 3) et : «Et voilà Mon chemin dans toute sa rectitude, suivez- le donc; et ne suivez pas les sentiers qui vous écartent de Sa voie. » (Coran, 6 : 153). Le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « le livre dAllah véhicule le discours le plus vrai, et lenseignement de Muhammad est le meilleur et les pratiques (religieuses) innovées les pires ». Il a dit encore : « Quiconque introduit dans notre affaire (religion) ce qui lui est étranger le verra rejeter » (rapporté par al-Boukhari sous le n° 2697 et par Mouslim sous le n° 1718). Une version rapportée par Mouslim dit : « quiconque accomplit une uvre non conforme à notre affaire (religion) la verra rejeter ».
La commémoration de lanniversaire de la naissance du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) au mois de Rabi I fait partie pratiques condamnables inventées par les gens. Ils sy prennent de différentes manières :
Certains se contentent de se réunir pour écouter lire le récit du mawlid (la naissance du Prophète) ou prononcent des discours ou lisent des poèmes ;
Dautres préparent des repas et des gâteaux et dautres aliments et les offrent aux participants ;
Dautres célèbrent lévénement dans les mosquées ou chez eux.
Dautres, loin de se contenter de ce qui précède, intègrent dans la cérémonie des pratiques prohibées ou réprouvées comme le contact physique direct entre des hommes et des femmes dans une ambiance marquée par des chants et la danse ou des pratiques polythéistes comme limploration du secours du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui), son invocation et la sollicitation de son aide contre lennemi, etc.
Ces différentes manières de célébrer lévénement ont en commun leur caractère dinnovation prohibée inventée par les chiites fatimides après les trois meilleurs siècles (de lIslam) pour corrompre la religion des musulmans.
Le premier initiateur de ces manifestations en public fut al-malik al-moudhaffar Abou Said Kawkaboury, roi dArbel vers la fin du 6e siècle et le début du 7e siècle de lHégire daprès des historiens comme Ibn Khallitan et dautres.
Abou Shama dit : « Le premier à lavoir célébrée à Moussoul fut Cheikh Omar Ibn Muhammad al-Moulla, lun des célèbres hommes pieux. Cest son initiative qui fut perpétuée par le roi dArbel et dautres.
Al-Hafiz ibn Kathir a dit dans al-bidaya wa an-nihaya (13/137) à propos de la biographie dAbou Said Kazkabouri : « Il organisait une grande cérémonie au mois de Rabi I à loccasion de lanniversaire de la naissance du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui). Al-Bast a dit : un des participants à lune des cérémonies organisées par al-Moudhaffar ma raconté que ce dernier faisait étaler sur une nappe 5 000 (moutons), méchoui, 10 000 poulets, 100 000 coupes à crèmes, 30 plats de gâteaux [
]. Il organisait un concert (religieux) pour les soufi et dansait avec eux du début de laprès-midi jusquà laube ».
Dans Wafayat al-ayan (3/274), Ibn Khallikan dit : « Dès le début du mois de Safar, ils se mettaient à donner la plus belle décoration aux dômes. Sous chaque coupole se tenait un groupe de musiciens. Pendant cette période, les gens chômaient et navaient dautre occupation que de venir regarder les fêtards et tourner autour deux [
]. Deux jours avant le mawlid, le roi emmenait un nombre de chameaux, de bufs et de moutons qui défiait la description et les faisait accompagner de tambours, de chants et dactes de divertissements, et faisait progresser le cortège jusquà la place publique [
]. Dans la nuit de la cérémonie, il organisait un concert (religieux) à la citadelle après la prière du maghreb ».
Voilà la genèse de la célébration de lanniversaire de la naissance (du Prophète). Elle date dune époque récente et fut accompagnée de manifestations de divertissement, dexcès, de gaspillage des biens et du temps, le tout fondé sur une innovation quaucun argument tiré de la révélation dAllah ne permet de soutenir.
Il convient au musulman de semployer à faire vivre les pratiques enseignées par la Sunna et à faire disparaître les innovations et de nengager une action avant de connaître le jugement dAllah à son propos.
Le statut de la célébration de lanniversaire de la naissance du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui).
La cérémonie organisée à loccasion de lanniversaire de la naissance du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) est interdite pour plusieurs considérations :
Premièrement, ni le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) lui-même ni ses compagnons ne lavaient faite. Or toute pratique religieuse quils navaient pas faite est une innovation à interdire compte tenu de la parole du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) : « Tenez fortement à ma Sunna et à celle des guides qui me succéderont ; accrochez-vous-y ( mordez les avec vos incisives). Méfiez-vous des pratiques innovées car toute pratique (religieuse) inventée constitue une innovation et toute innovation est une aberration » (cité par Ahmad, 4/126 et par at-Tirmidhi, n° 2676).
La célébration du mawlid est une pratique instaurée par les Fatimides après les meilleurs siècles pour corrompre la religion des musulmans. Or quiconque invente, pour se rapprocher dAllah, une pratique que le Messager dAllah (bénédiction et salut soient sur lui) et ses compagnons navaient ni ordonnée ni accomplie, accuse le Messager implicitement de navoir pas bien expliqué la religion aux gens et démenti la parole du Très Haut : «Aujourd'hui, J' ai parachevé pour vous votre religion. » (Coran, 5 : 3) dans la mesure où il a apporté un surplus quil présente comme une partie de la religion, bien que nayant pas été enseignée par le Messager dAllah (bénédiction et salut soient sur lui).
Troisièmement, la célébration de lanniversaire de la naissance du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) revient à imiter les chrétiens qui fêtent la Noël. Or leur imitation fait lobjet dune interdiction aggravée. Les hadith nous interdisent de nous assimiler aux infidèles et nous ordonnent de ne pas les suivre (dans leurs pratiques).
A ce propos, le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « Quiconque cherche à ressembler à des gens leur est assimilable » (cité par Ahmad, 2/50 et par Abou Dawoud, 4/314). Le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit encore : « différenciez-vous des polythéistes » (rapporté par Mouslim, 1/222 n° 259). Cela sapplique plus particulièrement à leurs rites religieux.
Quatrièmement, la célébration de lanniversaire du mawlid, en plus de son caractère innové et dimitation des chrétiens deux choses qui sont interdites , conduit à lexcès et à lexagération de sa vénération voire à son invocation et limploration de son secours à la place dAllah. Ceci est la réalité constatée à nos jours chez bon nombre de ceux qui célèbrent lanniversaire innové du mawlid. En effet, ils invoquent le messager dAllah (bénédiction et salut soient sur lui) au lieu de celle dAllah et implore le secours du Prophète et déclament des poèmes entachés de polythéisme comme la bourda et dautres pour faire son éloge. Or le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a interdit quon le loue de manière exagérée et a dit : « Ne me faites pas des éloges excessives comme les chrétiens le font pour le fils de Marie car je ne suis que Son serviteur. Dites donc : il est lesclave serviteur dAllah et Son messager » (cité par al-Boukhari, 4/142 n° 3445, al-Fateh 6/551) cest-à-dire : ne commettez pas dexcès dans les louanges et la vénération que vous faites à mon endroit comme les chrétiens lont fait à légard de Jésus quils ont fini par adorer, malgré linterdiction divine qui leur avait été adressée en ces termes : «Ô gens du Livre (Chrétiens), n' exagérez pas dans votre religion, et ne dites d' Allah que la vérité. Le Messie Jésus, fils de Marie, n' est qu' un Messager d' Allah, Sa parole qu' Il envoya à Marie, et un souffle (de vie) venant de Lui.» (Coran, 4 : 171).
Notre Prophète nous a interdit les excès afin de nous éviter le sort qui les a frappés. Cest ainsi quil a dit : « Méfiez-vous des excès car ils ont entraîné la perdition de vos devanciers » (cité par an-Nassaï, 5/268 et déclaré authentique par al-Albani dans Sahihi Sunani an-Nassaï, n° 2862).
Cinquièmement, la perpétuation de linnovation que constitue le mawlid ouvre la porte à dautres innovations et détourne les gens des pratiques enseignées par la Sunna. Cest ainsi quon voit les partisans des innovations sy livrer ardemment tout en négligeant les pratiques sunnites, en les haïssant et en leur déclarant lhostilité. ils en viennent même à réduire leur pratique religieuse à des commémorations innovées et des mawlid. En outre, ils se sont divisés en groupes et chaque groupe célèbre lanniversaire de la naissance de ses grandes figures. Cest ainsi que lon voit les mawlid dal-Badawi, dIbn Arabi, dad-Doussouqui et dach-Chadhili
Ils passent dun mawlid à un autre, et il en a résulté des manifestations exagérées à lendroit de ces défunts et à lendroit dautres. Ils les invoquent à la place dAllah et croient quils peuvent leur profiter et leur porter préjudice. Ce qui les amène à sexclure de la religion dAllah et à retourner à la religion des païens à propos desquels Allah a dit : « 18- Ils adorent au lieu d' Allah ce qui ne peut ni leur nuire ni leur profiter et disent: "Ceux-ci sont nos intercesseurs auprès d' Allah".» (Coran, 10 : 18) et : «"Nous ne les adorons que pour qu' ils nous rapprochent davantage d' Allah.» (Coran, 39 : 3).
Discussion des arguments incertains des partisans de la célébration du mawlid
Ceux qui soutiennent la perpétuation de cette innovation saccrochent à des arguments plus faibles que la toile daraignée. Ces arguments se présentent comme suit :
1/ Prétendre que cest une manière de vénérer le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui).
Notre réponse est que la vénération[du Prophète] consiste strictement à lui obéir, à exécuter ses ordres, à abandonner ses interdits et à laimer. On ne le vénère pas en se livrant à des innovations (religieuses) ni en maintenant des croyances légendaires ni en perpétuant des actes de désobéissance. La célébration du mawlid relève de cette catégorie dacte puisquelle constitue une désobéissance [au Prophète]. Les Compagnons étaient ceux qui ont fait preuve de la plus grande vénération à légard du Prophète. Cest pourquoi Urwa ibn Massoud dit à Quaraych : « Mon peuple ! Jai fréquenté des rois notamment César et Cosroë et le Négus
Au nom dAllah ! Je nai vu aucun roi faire lobjet dune vénération comparable à celle que les compagnons de Muhammad lui vouent. Au nom dAllah ! Il ne crache pas sans que lun deux rattrape le crachat et se frotte le visage et le corps avec. Quand il leur donne un ordre, ils sempressent à lexécuter. Quand il fait ses ablutions, ils se précipitent sur le reste de leau quil a utilisée. Quand il parle, ils baissent leur voix et ne fixent pas leur regard sur lui en signe de vénération. (cité par al-Boukhari, 3/178 n° 2731, 2732, al-Fateh : 5/388). Cette vénération ne les avait pas amené à célébrer sa naissance. Si cela était permis, ils lauraient fait.
2/ Lobservance massive de la pratique dans de nombreux pays
Nous répondons en disant quun argument valable doit reposer sur ce qui a été rapporté de façon sûre daprès le Messager (bénédiction et salut soient sur lui). Or ce qui a été rapporté de façon certaine daprès celui-ci implique une proscription de toutes les innovations y compris ladite célébration. La pratique des gens qui nest pas fondée sur un argument ne peut pas être considérée comme une preuve. Quel que soit le nombre des pratiquants : «Et si tu obéis à la majorité de ceux qui sont sur la terre, ils t' égareront du sentier d' Allah. » (Coran, 6 : 116). Par ailleurs, Dieu merci, on trouve à chaque époque des gens qui sopposent à cette pratique et en démontrent la fausseté. Aussi lattitude de ceux qui la perpétuent en dépit de la réalité qui leur a été expliquée ne peut-elle pas servir de preuve.
Parmi ceux qui se sont opposés à la célébration du Mawlid figurent Cheikh al-islam Ibn Taymiyya dans Iqtidha as-sirat al-moustaqim et al-imam ach-Chatibi dans al-itissam et Ibn al-Hadj dans al-Madkhal et cheikh Tadj ad-Dine Ali ibn Omar al-Lakhmi qui a consacré un ouvrage à la question et Cheikh Muhammad Bachir as-Sahssawani al-hindi dans son livre Siyant al-insane et Sayyid Muhammad Rachid Rida qui a consacré un traité au sujet et cheikh Muhammad ibn Ibrahim al-Cheikh et dautres qui ne cessent décrire chaque année dans les journaux et revues pour dénoncer cette innovation au moment où elle est mise en pratique.
3/ La célébration du mawlid est une manière dévoquer le souvenir du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui.
Nous répondons en disant que le musulman se souvient constamment du Messager (bénédiction et salut soient sur lui). Cest le cas chaque fois que son nom est mentionné dans lappel à la prière ( adhan) et dans lannonce de limminence du début de celle-ci (iqama) et dans les sermons. Cest encore le cas chaque fois que le musulman prononce les Deux Professions de foi à la suite des ablutions et dans le cadre des prières et chaque fois quil prie pour le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) dans ses prières (canoniques) ou après la mention de son nom. En outre, chaque fois que le musulman accomplit une bonne action instituée par le Messager (bénédiction et salut soient sur lui) il se souvient de lui et celui-ci reçoit pour laction une récompense égale à celle donnée à son auteur.
Aussi le musulman ne cesse-t-il pas dévoquer le souvenir du Prophète et établit un lien (spirituel) avec lui nuit et jour grâce à la pratique de son enseignement. Il ne limite pas son action au jour du mawlid et ne sattache pas à une innovation contraire à la sunna du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) puisquun tel comportement léloignerait du Messager (bénédiction et salut soient sur lui) et le mettrait à lécart par rapport à lui.
Le Messager se passe volontiers de cette cérémonie innovée (dans la religion) et se contente de ce quAllah a institué pour le vénérer et témoigner de son respect. Cest à quoi le Très Haut fait allusion quand Il dit : « Et exalté pour toi ta renommée? » Coran, 94 : 4). En effet, on mentionne son nom chaque fois que celui dAllah est mentionné dans ladhan, liqama ou la prêche. Ceci suffit pour le vénérer, témoigner de son amour, renouveler son souvenir et exhorter les gens à le suivre.
Allah le Transcendant et Très Haut na pas mis en relief dans le Coran la naissance du Prophète. En revanche, il a mis un accent particulier sur son investiture de la mission divine. A ce propos, Il a dit : «Allah a très certainement fait une faveur aux croyants lorsqu' Il a envoyé chez eux un messager de parmi eux-mêmes. » (Coran, 3 : 164) et : «C' est Lui qui a envoyé à des gens sans Livre (les Arabes) un Messager des leurs
» (Coran, 62 : 2).
4/ La célébration du mawlid est une initiative prise par un souverain juste et bien instruit afin de se rapprocher dAllah.
Nous répondons en disant que linnovation est à rejeter, doù quelle puisse venir. La bonne intention ne justifie pas une mauvaise action et le fait dêtre « juste et bien instruit » nimplique pas quon est infaillible.
5/ La célébration du mawlid est une belle innovation parce quelle exprime la gratitude envers Allah qui a mis à notre disposition ce noble prophète
On répond en disant quil nexiste pas de belles innovations. Car le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « Quiconque introduit dans notre affaire (religion) ce qui lui est étranger le verra rejeter » (cité par al-Boukhari, 3/167 n° 2697, Fateh, 5/355).
Le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit encore : « Toute innovation (religieuse) conduit à laberration » (cité par Ahmad, 4/126 et par at-Tirmidhi sous le n° 2676). Il a qualifié toutes les innovations daberration. mais lautre dit : « Toute innovation nest pas une aberration puisquil existe de belles innovations ».
Al-Hafiz ibn Radjab dit dans le commentaire des Al-Arbaine : « la parole du Prophète » toute innovation (religieuse) conduit à laberration » est si riche que rien ny échappe. Cest lune des importantes règles de la religion. Cest comme sa parole : « Quiconque introduit dans notre affaire (religion) ce qui lui est étranger le verra rejeter » (cité par al-Boukhari, 3/167 n° 2697, Fateh, 5/355). Quiconque invente une pratique et lintègre dans la religion sans quon lui y trouve un fondement, véhicule une aberration sans aucun rapport avec la religion. Peu importe que cela touche les questions dogmatiques ou les actes ou les paroles manifestes ou cachés ». Voir Djawami al-Uloum wa al-hikam, p. 233.
Ces gens-là ne sappuient dans leur affirmation de lexistence de belles innovations que sur la parole dOmar à propos des prières dites tarawih : « Quelle belle innovation celle-là ! » (le Sahih dal-Boukhari, 2/252 n° 2010 suspendu, Fateh, 4/294).
Ils disent encore : « on a innové des choses que les ancêtres pieux navaient pas désapprouvées comme la compilation du Coran dans un seul livre, la transcription et la collecte des hadith
»
La réponse est que ces choses ont leur origine dans la loi religieuse et elles ne constituent pas des innovations. La parole dOmar : « quelle belle innovation » revient à employer le vocable « bida » dans son acception linguistique non religieuse. Quand on dit dune pratique qui a un fondement dans la religion quelle une « bida », ce terme est alors employé dans son sens linguistique.
La compilation du Coran dans un seul volume est bien fondée. En effet, le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) donnait lordre décrire les versets du Coran, mais ils étaient écrits de façon éparse. Et puis les Compagnons les ont rassemblés dans un seul livre.
La prière des tarawih fut célébrée par le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) pendant plusieurs nuits avec ses compagnons. Par la suite, il se retirait de peur que la pratique ne fût rendue obligatoire. Mais les Compagnons maintinrent la pratique en célébrant la prière tantôt ensemble tantôt individuellement, du vivant du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) comme après sa mort. Et puis Omar finit pas les rassembler derrière un imam comme on le faisait au début avec le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui). Ceci nest donc pas une innovation dans la religion.
La transcription du hadith aussi a son origine dans la religion. Car le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) avait donné lordre de transcrire des hadith à des compagnons qui le lui avaient demandé. Du vivant du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) on craignait que la transcription du hadith nentraînât sa confusion avec le Coran. Après la mort du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) cette confusion nétait plus possible parce que le Coran était complet et bien maîtrisé avant la mort du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui). Dès lors, les musulmans se mirent à transcrire la Sunna pour la préserver. Puisse Allah les récompenser par le bien au nom de lIslam puisquils ont bien protégé le livre de leur Maître et la Sunna de leur prophète contre la perte et la manipulation.
On dit aussi : pourquoi na-t-on pas commencé à manifester ce que vous considérez comme une gratitude que récemment ? Pourquoi les hommes des meilleurs siècles comme les Compagnons, leurs successeurs et les successeurs de ces derniers ne lont pas fait ? Pourtant ils aimaient mieux le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) et étaient plus attachés à la bienfaisance et à laccomplissement de la reconnaissance (envers Allah). Est-ce que les initiateurs de la célébration du mawlid étaient mieux guidés que ceux-là ? Savaient-ils mieux queux se montrer reconnaissants envers Allah, le Puissant et Majestueux ? Pas du tout.
6/ La commémoration de la naissance du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) traduit lamour que lon a pour lui. Mieux, elle en constitue un aspect. Et il est légitime de manifester son amour pour le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui)
.Nous répondons en disant quil n y a aucun doute que tout musulman doit aimer le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) plus quil naime sa propre personne, ses enfants, ses parents et tous les hommes. Puisse mes père et mère soient sacrifiés pour le défendre (bénédiction et salut soient sur lui). Mais cela ne signifie point quil nous est permis dinventer des pratiques quil na pas instituées pour nous
Laimer cest lui obéir et le suivre, car cest là que réside la plus importante manifestation damour. Cest à ce propos quon a dit :
...Si ton amour pour lui était vrai, tu lui obéirais
Certes lamoureux obéit à celui quil aime...
Aimer le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) implique la mise en pratique de sa Sunna, sa rigoureuse conservation et labandon de tous les actes et paroles qui lui sont contraires. Il est indubitable que tout ce qui est contraire à sa Sunna constitue une innovation condamnable et une désobéissance évidente. Cest le cas de la célébration du mawlid et les autres innovations. La bonne intention ne justifie pas lintroduction dinnovations dans la religion. En effet, la religion repose sur deux bases : la sincérité et la conformité. A ce propos, le Très Haut a dit : «Non, mais quiconque soumet à Allah son être tout en faisant le bien, aura sa rétribution auprès de son Seigneur. Pour eux, nulle crainte, et ils ne seront point attristés. » (Coran, 2 : 112). La soumission à Allah traduit la sincérité et la bienfaisance revient à se conformer à lenseignement du Messager, sa Sunna..
7/ La célébration du mawlid saccompagne de la lecture de la biographie du Messager. Ce qui incite les gens à limiter et à le suivre
Nous leur disons que la lecture de la biographie du Messager (bénédiction et salut soient sur lui) est exigée de tout musulman tout le long de lannée et durant toute sa vie. Quant à limiter cette lecture à un jour déterminé sans une preuve, cest une innovation. Or toute innovation est une aberration » (cité par Ahmad, 4/164 et par at-Tirmidhi, 2676). Linnovation (religieuse) nentraîne que le mal et léloignement du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui).
En somme, la commémoration de la naissance du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) constitue ,sous toutes ses formes, une innovation répréhensible. Les musulmans doivent linterdire et en faire autant pour toutes les autres innovations et semployer à la revivification des pratiques prophétiques et à leur maintien. Il ne faut pas se laisser tromper par ceux qui propagent cette innovation et la défendent. Car ces gens-là sintéressent davantage à la revivification des innovations quà la remise en valeur des pratiques prophétiques. Pire, il se peut même quils ne sintéressent pas du tout à la revivification desdites pratiques.
De tels hommes ne doivent pas être imités, même sils constituent la majorité de la population. Il faut plutôt imiter ceux qui suivent la voie que constitue la Sunna comme les ancêtres pieux et leurs partisans, même sils restent minoritaire. Car ce nest pas à travers les hommes quil faut chercher à connaître la vérité, mais cest grâce à la connaissance de la vérité quon connaît les hommes (de vérité). Le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « Celui dentre vous qui vivra (longtemps) verra une grande divergence de vues. Mais attachez-vous alors à ma Sunna (conduite) et à celle des califes bien guidés. Cramponnez-vous y (mordez les avec vos incisives). Méfiez-vous des pratiques innovées car toute innovation conduit à laberration. (cité par Ahmad, 4/126 et par at-Tirmidhi n° 2676).
Dans ce noble hadith, le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) nous a expliqué en qui nous devrions nous référer en cas de divergence. De la même manière ,il nous a expliqué que tous les actes et paroles contraires à la Sunna constituent des innovations et que toute innovation conduit à laberration.
Quand nous examinons la célébration de la naissance du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) nous ne lui trouvons aucun fondement ni dans la vie du Messager (bénédiction et salut soient sur lui) ni dans celle des califes bien guidés. Elle fait donc partie des choses innovées et des innovations aberrantes. Voilà le principe que véhicule le hadith (susmentionné). Cest aussi le sens de la parole du Très Haut : «si vous vous disputez en quoi que ce soit, renvoyez- le à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Ce sera bien mieux et de meilleure interprétation (et aboutissement). » (Coran, 4 : 59).
Se référer à Allah cest retourner à Son noble livre. Se référer au Messager cest retourner à Sa Sunna après sa mort. Livre et Sunna constituent les seules références en cas de dispute. Où est donc la preuve liée au Livre ou à la Sunna qui permet de soutenir la légitimité de la célébration de la naissance du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui). Celui qui approuve cette pratique doit sen repentir devant Allah le Très Haut et se repentir des autres innovations. Voilà le comportement digne du croyant qui ne cherche que la vérité. Quant à celui qui sentête malgré la clarté des preuves, cest Allah qui soccupera du règlement de son compte.
Cela dit, nous demandons à Allah de nous aider à nous attacher à Son livre et à la Sunna de Son messager jusquau jour où nous Le rencontrerons.
Puisse Allah bénir et saluer notre prophète Muhammad, sa famille et ses Compagnons.
Source : Extrait du livre : houqoq an-nabiy salla Allahou alayhi wa sallam bayna al-idjlal wa al-ikhlal p. 139 par Dr Salih ibn Fawzan al-Fawzan, membre du collège des grands ulémas en Arabie Saoudite.
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